Un Village Cent Histoires

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Villers au bois est un Village sans histoire.
Parce que la Grande Histoire n'a pas retenu ou si peu son nom, parce que notre village est trop petit,
parce  que lors des bombardements d'Arras en 1917 les archives communales déposées au Palais St Vaast y brûlèrent ...

Alors voici les histoires de Villers réelles ou légendaires.

La Préhistoire Notre contrée fut habitée de tout temps, les pierres d'Acq témoignent de la présence celtique.  Couvert de bois, le territoire de la Commune n'était pas très hospitalier bien que plus à l'abri de l'humidité que les marais voisins de la Deûle et de la Scarpe.

Les Gaulois Un fermier de la Commune a découvert en 1976 des restes de poterie datée du 1er siècle attestant d'une occupation dès le début de notre ère.  On pense aujourd'hui que les gaulois installés dans nos contrées, avaient déjà construit les routes que nous appelons Chaussée Brunehaut et.. .Grand'rue;  sur ces routes rectilignes, que seules les rampes ardues comme à Villers déformaient, la progression des troupes de César fut facile. Les huttes de Gaulois brûlèrent...

Les Gallo-romains la Pax Romania établie, on peut assurer qu'une Villa romaine s'implanta sur le site actuel de l'Eglise, à une lieue de la chaussée Brunehaut, sur un promontoire dominant la zone de culture comme de coutume alors.                Il n'en subsiste rien de connu si ce n'est le nom de Villare qui vient de hameau, ferme

Au VI siècle La Gaule des Francs est partagée en trois royaumes Sigebert est roi de l'un d'eux l'Austrasie, son épouse se nomme Brunehaut. Elle voue une haine féroce à Frédégonde,mère de Clothaire II roi de Neustrie, notre royaume d'alors. Suivant l'une ou l'autre des légendes, elle aurait réaménagées les chaussées romaines ou capturée par Clothaire aurait été trainée, attachée à la queue d'un cheval par les cheveux sur la chaussée...Brunehaut ( D 341 )

Villers change souvent de nom   -1154 : VILERE (cartulaire du chapitre d'Arras)  -1167 : WILERS (cartulaire de Maroeuil) puis au XIII siècle

-1212 : VILERAE (cartulaire de la Brayelle) -1213 : VILLERS juxta KARENCIACUM (cartulaire du chapitre d'Arras) et

-1219 : VILERS-en-OREILLEMONT  -1233 : VILERS-en-ORELEMONT

Les seigneurs de Villers sont alors baronnets d'Artois. l'un d'entre-eux est-il entérré sous la dalle funéraire au seuil de l'église qui porte l'inscription " ci gist Hues li francois prices pour same + "

au XIV siècle on cite  -1310 : VILLIERS (cartulaire de Saint-Jean-en l'Estrée)  -1330 : VUILLERS (charte d'Artois)  puis  VILLERS in AURISMONTE (cartulaire de l'évêché d'Arras)

au XV siècle en  1401 Jean de Noyelles dit Havart,  "escuyer mary de la demoiselle jeanne de Lohès" possède 5 fiefs " à la Motte de Villers " qu'il vend en 1403 à Jean de Carnis. D'abord possession des Seigneurs de Cuinchy , Villers passe ensuite aux barrons d'Oudenhove originaires de Flandres dont la Commune relève le 23 mai 1996 le blason

" Parti d'or et de sable à une aigle éployée de sable sur or et d'or sur sable, becquée, membrée et languée de gueules"blasontotale2

Le XVI siècle En ce Comté d'Artois est construit un grand nombre d'Eglises aux caractéristiques similaires; trapues, en arc roman, la nef est centrale et le clocher se dresse sur une tour fortifiée à deux ou trois étages. Notre Eglise a traversé cinq siècles, sans clocher à la pointe ouvragée comme sa voisine de Camblain l'abbé mais avec ce clocheton caractéristique que nous rapporte les Albums de Croÿ ( voir histoire de l'Eglise)

Le nom se transforme encore en 1640 : VILLERS-OREILMONT (Alliot, diocdu Village se d'Arras) sur les cartes de Cassini le village se nomme enfin  VILLERS-aux-BOIS  comme notre homonyme de Champagne

En 1775 est baptisée Anne Pierre, la cloche en bronze qui sonne depuis (sauf trois ans rendue aphone par précaution en raison d'une fêlure, un quart de tour suffit à lui rendre son LA

" de la paroisse qui me réclame vous trouvé le nom gravé avant celui qui déclame comme doyen et curé. Deux nobles jay été Anne Pierre nommé. l'un de la citadelle d'Arras Lieutenant du Roy, l'autre dame de Villers au bois. D'Ingrumbert, il s'appelle.Elle se nomme de Blondel..Un Blondart de Couterelle est son mari, messire de Mingoval,chevalier de Saint Louis Faite en juillet 1775  I.I Magnier Curé doyen Parrain et Marraine     J'ai été fondue par les Regnaud ey Guillaume

Au XVII siècle est élevée la Croix monumentale , située sur le coté droit de la sacristie de l'Eglise dans l'ancien cimetière abandonné en 1936. En grès d'une seule pièce taillée, elle a fait l'objet d'une inscription à l'inventaire des Monuments Historiques le 18 aout 1988

la Révolution voit la naissance d'une tradition orale et du surnom des BAUDETS mais laissons  à notre doyen le soin de résumer cette légende de l'Ane Electeur :

" les peuples heureux n'ont pas d'histoire, et il doit en être de même des villages.Villers au bois ,qui vit sereinement dans son milieu sylvestre n'a guère aiguisé la curiosité des chroniqueurs au long des siècles qu'il a traversés. seuls les plus anciens de ses habitants témoignent encore des évènements vécus au cours des derniers conflits et des années d'occupation. C'est donc tout naturellement que chacun des villers ois prend plaisir à parler de la légende qui s"est transmise de bouche à oreille dans notre coin d'Artois où il fait bon d'habiter. Désignés sous le nom générique de Baudets, ils expliquent qu'ils le doivent au fait que le premier Maire de la Commune fut élu par un âne pendant la Révolution, personne ne souhaitant assumer la charge. L'animal se serait arrêté devant une botte de paille d'avoine placée devant un des conseillers municipaux qui, comme chacun de ses collègues s'en était remis au jugement de Maître Aliboron.

Ceci c'est la solide tradition orale, celle qui déchaîne les plaisanteries depuis des générations.

En consultant les archives officielles, à Dainville, on lit plus sérieusement dans un procès-verbal que l'élection eût lieu en l'église paroissiale ( il n'existait alors ,évidemmment, pas encore de maison commune ) le dimanche 7 février 1790 "après vêpres". Pierre Joseph Hévin fut élu avec 25 voix mais "attendu qu'il faisait soir", on remit à huitaine la désignation du procureur et de cinq autre notables." jacques Derville 17 juillet 2001 Voix du Nord

La Commune compte alors 276 habitants. Les notables se nomment Alexandre, Cuvelliez, Déplanque,Playez.

En l'An IX il y a 319 habitants et 46 chevaux, 296 bovins, 606 moutons, 680 poules, 100 canards, 300 pigeons. Le village est entièrement tourné vers la culture, taillis et jachères disparaissent rapidement.

Le XIX siècle voit la population de la Commune croitre par l'arrivée des tailleurs de pierre et l'exploitation de carrières de sable. Une tradition orale assure que les pavés des places d'Arras proviennent d'ici, seule la rue du Chantier témoigne encore de l'exxistence d'une carrière au sein même du village. Le "Château" du Bois d'Acq construit par M. Labroye, exploitant, marque la richesse d'une époque.

Une quinzaine de "cabarets" abreuvent paysans et ouvriers.

Certains, mineurs aux fosses de Liévin où ils se rendent à pied ou en "carette à quiens" , oeuvrent aussi à d'autres activités comme une grande partie de la population

Le début du XX siècle est marqué par les batailles d'Artois ( cliquez ici pour en savoir plus). Jamais occupé, Villers au bois restera quatre ans juste dérrière la ligne de front, ici se dressaient les postes de repos et de soins et accueillit notamment le 25 eme Régiment d'Infanterie Territoriale qui témoigne de sa reconnaissance au Monument aux morts élevé le 21 mai 1921 à la mémoire des 9 enfants de Villers morts au combat. La commune reçoit la Croix de guerre 14-18 le 23 septembre 1920.

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 Et pour découvrir en toute autonomie sept lieux de Mémoire proches de Villers au bois chargez l'’application numérique "Histoires 14-18"

Sur le front ouest, l'application "Histoire 14-18" invite à découvrir ou redécouvrir sept lieux emblématiques de la mémoire, dont la Nécropole Notre-Dame de Lorette et le Mémorial canadien de Vimy.

Cette découverte se fait en compagnie du reporter "Augustin". Augustin… en hommage à Auguste Thin, le caporal chargé de désigner le soldat inconnu qui repose aujourd’hui sous l’Arc de Triomphe à Paris. Augustin Berger est chargé d’écrire un livre sur ces quatre années de guerre. Le voilà donc parti à la recherche des derniers témoignages encore possibles.

Une question l’obsède : à quoi pensaient ces millions de soldats envoyés au combat ? Comment ceux qui en sont revenus sont-ils parvenus à surmonter cette épreuve ?

Disponible en français et en anglais sur smartphones et tablettes, cette application propose des commentaires audio enrichis de photos et d’illustrations.

> Télécharger l'application

Projet réalisé avec le concours du Pays d’art et d’histoire de Lens-Liévin dans le cadre du Contrat de Rayonnement touristique piloté par le Conseil régional Nord-Pas de Calais en partenariat avec les Communautés d’agglomération de Lens-Liévin et de Hénin-Carvin ainsi que l’Office de tourisme et du patrimoine de Lens-Liévin. Il a été également financé par le Conseil général du Pas-de-Calais.

 

En 1929 , avec les dommages de guerre, est installée l'eau courante. Pompée par une éolienne, stockée au Château d'eau, elle est distribuée dans tout le village et à la colonne, toujours visible près de l'abreuvoir, grâce à des jetons. La dizaine de puits est progressivement abandonnée.

En 1936, il ya deux classes, 33 cultivateurs 16 ouvriers aux mines ou cockerie et 1 garde Champêtre. L'instituteur-secrétaire de Mairie a son logement de fonction.au rez de chaussée de la Maison Communale. Une dizaine d'artisans-commerçants-cafetiers tiennent 1 boucherie, 3 épiceries, 1 bonnetterie, 3 cafés, 1 scierie-menuiserie aussi coiffeur , 2 ateliers de mécanique,1 cordonnerie, 1 forge, des dépôts de pain et de gaz butane.Le bus passe matin et soir entre Frévent et Lens

La seconde guerre Mondiale apporte son lot d'Histoires sérieuses ou cocasses.

Ainsi la Gare de Villers, sur la ligne métrique Lens-Frévent fermée en 1946, était en ses temps troublés un lieu de Résistance  et de Marché Noir.
Mlle Gervois, fille du chef de gare reçut ainsi la Médaille de la Résistance pour sa participation à la lutte contre l'occupant.
Mais c'est ici aussi qu'un "tranfiquant" s'illustra en passant au nez et à la barbe des Feldgrau un lit complet chargée de victuailles!tortillard

 

En 1954, est construite l'Ecole actuelle a deux classes, agrandie et rénovée à trois classes en 2009.

La première télévision est arrivée, dressant un nouveau repère l'émetteur de Bouvigny...le Monde change.

En 1980, ne subsiste qu'un commerce: le café de "Gustine" qui rythme la vie des habitués